Dans l'édition de L'Equipe de mercredi,
une page entière
est consacrée à l'état du football au
féminin en France. L'état des lieux n'est hélas
pas vraiment brillant. Alors qu'une équipe de club, Montpellier,
est en passe de se qualifier pour une finale de Coupe d'Europe, alors
que la France pointe au cinquième rang du classement mondial,
tout le monde se fout complètement de ces demoiselles.
Trois pages plus loin, j'évoque également le cas de
l'équipe féminine de hockey sur gazon. La
Fédération vient de décider de ne pas envoyer les
Bleues disputer le tournoi de qualification à la Coupe du monde.
Pas le niveau qu'ils disent ! Mais n'est-ce pas en allant se frotter
à plus fort
que soit que l'on peut progresser ?
Qu'elles soient footeuses, hockeyeuses, handballeuses... pas facile en
France de s'imposer et de bénéficier des mêmes
avantages que les hommes
quand on est une sportive de haut niveau. Contrairement aux pays
nordiques où la femme occupe un rang égal à celui
des hommes, la France semble
particulièrement à la bourre. Le plus souvent, alors que
l'on offre des bonnes conditions aux hommes pour qu'ils obtiennent des
résultats, on
demande aux femmes d'avoir des résultats pour ensuite leur
mettre des bons outils à disposition. En gros, on dit aux
femmes, "arrêtez de vous plaindre
et quand vous aurez des résultats, on verra..." On raisonne à l'envers.
Depuis maintenant cinq ans que j'ai découvert le football au
féminin, j'essaie à mon niveau de sortir les sportives de
l'anonymat dans lequel
certains veulent les confiner. Pas toujours facile, mais ce "combat"
mérite d'être mené. Quand j'entends parfois les
réflexions de certains dirigeants
ou de certains collègues quand ils parlent du sport
féminin, j'ai parfois honte. Je préfère vous
éviter les réflexions débiles sur les
échanges de
maillot à la fin des matches, la traditionnelle question pour
savoir si je rentre dans les vestiaires à la fin du match ou
encore les remarques sur le physique des joueuses... Et le pire, c'est
qu'ils se trouvent drôles avec leurs blagues à la noix et
qu'ils pensent toujours être les premiers à les faire...
Alors, mesdemoiselles, continuez à vous éclater et à vivre pleinement votre passion.
Accrochez-vous les filles !